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Un blog Yagg
Non classé | 27.06.2011 - 14 h 36 | 12 COMMENTAIRES
[Lesbophobie] Footballeuse, mais pas gouine?

Ballon de football sur terrain

Ballon de football sur terrain

Le Monde Magazine n° 93, daté du 25 juin 2011, consacre un article, sous les plumes de Pascale Krémer et  de Simon Roger, aux joueuses de foot, et en particulier à celles de l’équipe française de foot, qui joue en ce moment à la Coupe du monde de football féminin.

Les journalistes et les personnes qu’il/elle-s ont interrogéEs évoquent la question de pourquoi le foot féminin français est moins bien représenté à la télévision, moins bien payé, moins considéré, etc.

Mais plutôt que de blâmer le sexisme et la misogynie présents dans les médias sportifs, les stades, les ministères… bref de blâmer des hommes (sacrilège!), deux personnes interrogées préfèrent rejeter la faute sur les gouines, et aucun commentaire critique n’est effectué de la part de Krémer et Roger:

« Le football féminin n’intéresse pas. « Barrières culturelles », « place des femmes dans le sport », « tous ces clichés qui collent au foot, homosexualité, corps dénaturé, sport de mec comme le rugby, contrairement à des sports censés êtres plus esthétiques comme le hand, le tennis ou le volley »… Matthieu Brelle-Andrade, l’attaché de presse de cette équipe féminine, égrène, un rien las, les explications plausibles. »

Cinq encadrés sont des témoignages de joueuses sur leur passion du foot, leur situation professionnelle et compagnie, témoignages accompagnés d’une photo.

Extraits des propos de Sonia Bompastor, 31 ans, défenseure, tels que retranscrits par le magazine:

« La société française est encore très machiste, les clichés ont la vie dure, notamment l’idée que le foot est un sport de contact, donc masculin. Personnellement, je me sens tout à fait femme, j’ai une vie privée normale, je souhaite avoir des enfants. S’il n’y a pas de mère de famille parmi nous, c’est parce qu’on est toujours à droite à gauche. Quand on décide de fonder une famille, on doit mettre sa carrière sportive entre parenthèses pendant un an et demi, voire deux. Aux Etats-Unis ou en Europe du Nord, les joueuses se déplacent avec leur mari, leurs enfants, elles dorment dans la même chambre d’hôtel qu’eux. En France, le mode de gestion d’une équipe repose toujours sur le principe que le groupe doit rester avec le groupe. »

Et le magazine de titrer ce témoignage par « Je me sens tout à fait femme », plutôt que de mettre en avant d’autres parties du témoignage telles que « Mon père est arbitre régional », « J’ai commencé le foot à 8 ans », « J’étais plus attirée par les sports collectifs »…

Bref, à en croire Brelle-Andrade et Bompastor [et si la retranscription de leurs propos est fidèle], si le foot féminin est mal considéré en France, c’est à cause de cette image de gouine qui colle à la peau aux footeuses, alors que non non non, elles sont toutes hétérosexuelles.

Selon Brelle-Andrade et Bompastor, la condition pour être que les joueuses de football soient intégrées au jeu médiatique (télés, sponsors, subventions, patati patata) serait donc de se débarasser d’une image de lesbiennes qui leur collerait à tort à la peau (ces deux personnes semblent soutenir l’idée qu’il n’y a en réalité pas de lesbiennes dans le foot pro, idée que je ne partage pas évidemment).

Des propos que j’interprète comme niant l’existence de lesbiennes dans le foot, alors qu’elles sont là, certaines « out », certaines dans le placard, d’autres peut-être entre les deux (pas « out » pour le grand public mais out auprès de tout leur entourage, par exemple).

Deux points de vue publiés sans aucun commentaire critique par Krémer et Roger. Bref, il/elle-s réussissent à écrire un article sur les joueuses de foot en faisant croire qu’il n’y a pas de lesbiennes.

Y’a pas qu’au Nigéria qu’on essaye d’hétérosexualiser les joueuses de foot… Dans les pages du Monde, c’est juste plus masqué, moins évident.

PS: Les passages en gras ont été soulignés par moi-même pour mettre en évidence les passages les plus significatifs, pour les flemmardEs et les presséEs (ceux et celles qui n’auraient pas le temps ou la motivation de tout lire)

PS2: Le reste de l’article et les autres témoignages peuvent toutefois êtres intéressants pour toute personne s’intéressant de près ou de loin au foot et/ou à la place des femmes dans le sport…

PS3: Si vous ne voulez pas acheter ce magazine mais voulez le feuilleter in extenso, pensez aux bibliothèques :)

PS4: A lire également, « Sportives lesbiennes: le grand tabou? » sur Têtu.

Non classé | 08.06.2011 - 07 h 53 | 3 COMMENTAIRES
Royaume-Uni: Mobilisation contre l’expulsion de Betty Tibakawa, lesbienne ougandaise

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Avertissement: description d’agression lesbophobe.

Betty Tibakawa, une jeune lesbienne vivant en Ouganda, était partie se promener sur la plage quand trois hommes qu’elle ne connaissait pas, mais qui avaient entendu parler d’elle, se sont approchés d’elle, et ont commencé à se moquer d’elle parce qu’elle était lesbienne. Ils l’ont emmenée de force vers un bâtiment désaffecté, où elle a été violemment attaquée. Les hommes lui ont donné des coups de pieds dans le ventre, l’ont coincée contre le mur et ont marquée l’intérieur de ses cuisses avec des fers à repasser. Elle a perdu connaissance et quand elle s’est réveillée, les hommes étaient partis. Ses blessures étaient si graves qu’elle n’a pas pu quitter son domicile pendant deux mois.

Betty a ensuite rejoint le Royaume-Uni, où elle a demandé l’asile.

En février, le magazine ougandais Red Pepper a outé Betty comme lesbienne, publiant un article à son sujet illustré de photos, et prétendant qu’elle était « recherchée » (« wanted ») car elle était lesbienne. Il est devenu incroyablement dangereux pour elle de retourner en Ouganda, où elle a été déshéritée par sa famille et où elle encourt des poursuites judiciaires pour être lesbienne.

Etant identifiée publiquement comme lesbienne, elle court le risque d’être prise pour cible pour sa sexualité, d’être victime d’autres agressions; elle risque la prison ou même la mort. D’une jeune femme pétillante à l’avenir universitaire prometteur, Betty est devenue quelqu’un de retiré, se sentant sans valeur, apeurée et déprimée.

La demande d’asile de Betty Tibakawa a été refusée et elle court le risque d’être expulsée vers l’Ouganda, où l’homosexualité est illégale. Les lesbiennes qui sont expulsées vers l’Ouganda sont violées et agressées pendant leur détention. Nous demandons au Home Office [le Ministère de l’Intérieur britannique, NdT], d’annuler cette décision de l’Agence des Frontières Britanniques, de donner la chance à Betty de vivre une vie sans violence et sans peur. Personne ne devrait être expulsé-e vers un pays où on peut être poursuivi-e pour sa sexualité. Nous devons bien mieux que ça à celles et ceux cherchant asile dans ce pays.

« Je regarde la population d’un quartier comme le centre de Londres, j’en vois tellement. Je vois des homos. Ils marchent dans la rue, se tiennent la main, s’embrassent aux arrêts de bus. Dans le bus. Vous savez, c’est autorisé, donc ce n’est pas dur pour moi de leur dire que je suis lesbienne. Mais en Ouganda, je ne peux pas dire ça. Je ne peux vraiment pas. Je dois [me taire], je ne sais même pas comment. Je peux pas, je peux pas, je peux pas. Je ne veux pas vivre ne pouvant être qui je suis. Je ne veux pas être quelqu’un d’autre juste à cause de ce qui m’entoure. Je veux vivre de manière vraie, simplement vivre telle que je suis. Voilà ce que je veux. » Betty Tibakawa.

Le groupe de soutien à Betty Tibakawa a mis en ligne une pétition pour tenter d’annuler la décision de l’agence britannique des frontières (UK Border Agency, UKBA) qui ordonne son expulsion, et pour sensibiliser le public aux problèmes rencontrés par les personnes trans’, lesbiennes et gay lorsqu’elles demandent asile au Royaume-Uni. Merci de signer la pétition aujourd’hui.

 

Non classé | 06.06.2011 - 07 h 46 | 4 COMMENTAIRES
Un sénateur australien « miaule » pour se moquer de Penny Wong

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Penny Wong

Penny Wong

Penny Wong, la sénatrice et ministre australienne des Finances et de la Dérégulation, ouvertement lesbienne n’entendait pas se laisser couper la parole lors de son intervention au sein d’une audition menée par une commission parlementaire. Elle a donc dit: « Laissez-moi terminer! », et c’est à ce moment-là que David Bushby, sénateur Libéral de Tasmanie, a ronronné et miaulé pour se moquer d’elle: « Rrrrr….Miaouuuuu ». Penny Wong a répliqué en dénonçant le sexisme de ce comportement. Le sénateur a par la suite voulu se justifier en disant que le miaulement était celui d’un chat « mâle ou femelle » et donc qu’il n’y avait aucun comportement sexiste ici… puis il a fini par s’excuser.

La news en anglais (avec vidéo) sur le site du Daily Telegraph.

Non classé | 16.05.2011 - 11 h 45 | 6 COMMENTAIRES
Personne n’est pro-viol, et pourtant, le viol existe.

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Personne n’est pro-viol, et pourtant, le viol existe.
Personne n’est pro-viol, et pourtant, le viol est courant.
Personne n’est pro-viol, et pourtant, quand on a été violéE, ça reste à prouver.
Personne n’est pro-viol, et pourtant, quand on a été violéE, on l’a sans doute un peu cherché.
Personne n’est pro-viol, et pourtant quand on a été violéE, on est seulE.
Personne n’est pro-viol, et pourtant, quand on a été violéE, on doit se taire.
Personne n’est pro-viol, et pourtant, quand une histoire de viol devient publique, les prétextes pour ne pas réagir et cautionner le viol ne manquent pas.

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Ce texte constitue l’introduction de la brochure « Société pro-viol et notion de consentement », écrite par Caillou, téléchargeable ici et dont je vous recommande la lecture…